Chaussons et mains nues en hiver

Montagne Sainte-Victoire : combinaison arête des Moussaillons – arête du Jardin – arête Sud-Ouest de la Croix

Hortus : La Bidasse et La Cagne

Toute excursion hors de Paris est bonne pour retrouver l’escalade. Et alors que je descends vers les Cévennes visiter la famille, je propose à Nico de nous retrouver pour grimper dans les environs, quelque part entre le Verdon et l’Hérault. Je n’y crois pas trop dans l’absolu, l’homme des Hautes-Alpes est plutôt du genre occupé en ce moment… Mais grâce à quelques quenottes récalcitrantes, le hasard sourit à mon audace et nous calons deux journées au soleil, la première à l’ombre de la montagne Sainte-Victoire, la seconde sous la houlette de l’Hortus.Lire la suite »

Retrouvailles glacées dans les Alpes du Sud

Les Larmes de Nicodème et Impatience (Freissinières) / Dancing Fall (Les Orres)

La météo est une chose étrange, qui vous promet des malheurs pour finalement vous réserver des merveilles. Constat sans doute un poil exagéré, mais qui colle plutôt bien à cette première expédition cascades de glace de l’hiver, nichée au sein d’un tout petit créneau dans un mois de janvier où des négociations bloquées et la multiplication des plans sociaux dans ma profession consomment le temps libre comme Saturne dévorait ses enfants…Lire la suite »

La sagesse populaire appliquée à l’escalade

Bonne Poire, Ailefroide (Écrins)

Dur de trouver du temps pour s’échapper quelques jours dans les Alpes en cette rentrée sociale bien chargée, entre manifestations syndicales et réunions en tout genre. Et la météo, changeante et capricieuse, n’arrange rien à nos affaires… Mais « quand on veut, on peut », prétend le dicton. Plutôt du genre peu contrariants avec la sagesse populaire, Matthieu et moi avons donc tout fait pour lui donner raison. Et c’est ainsi que, le 4 octobre 2017, vers 14 heures, le car en provenance de Gap me jette à Embrun, au pied de mon compagnon de cordée. Lire la suite »

Jeunes darons sur beau caillou

Arête sud de la tête de Gaulent (Écrins)

Rien n’était gagné jusqu’au dernier moment, ou presque. A l’origine, je ne devais pas revoir Nico avant quelques mois, la paternité l’ayant une nouvelle fois rattrapé… Mais, à la faveur de mon retour temporaire et imprévu dans les Hautes-Alpes, nous avons contrarié les histoires tracées d’avance et nous sommes offert une petite course bien sympathique. Nourrisson oblige, notre choix s’est porté sur une montagne à proximité du lieu de vie du jeune père, autrement dit au-dessus de Champcella.

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Dans la voie des abbés

Voie Davin à l’aiguillette du Lauzet (Cerces)

« Ras le bol des arêtes ? Attaquons-nous à une aiguille ! » C’est à peu près ce que nous nous sommes dit, Matthieu et moi, en ce début de mois d’août, quand il a s’agit de réfléchir à ce à quoi pourrait bien ressembler notre prochaine course en montagne… Et notre dévolu s’est bien vite jeté sur l’aiguillette du Lauzet, petite tour de calcaire culminant à l’altitude modeste de 2 611 mètres, dans le massif des Cerces – pas très loin des très belles arêtes de la Bruyère, que nous avions parcourues l’an dernier. La voie qui nous intéresse est celle ouverte par les abbés Blanc et Davin (des curés inspirés) en juin 1942 (à croire qu’ils préféraient jouer aux chamois plutôt que de prendre le maquis !). Lire la suite »

Le retour des chevaucheurs d’arêtes

Arête Sud du pic du Glacier-Blanc (Écrins)

Encore des jours et des jours passés à scruter la météo, m’enthousiasmant de la moindre prévision de beau temps, déprimant à chaque annonce d’orages potentiels… Y a pas à dire, regarder la météo une semaine avant une course, c’est inutile, tant le temps peut changer du tout au tout en quelques heures. Mais on n’y peut rien : on les attend tellement, ces échappées en altitude, qu’on en vient à développer des comportements obsessionnels un peu ridicules… Lire la suite »

Retour dans le raide !

Et dire qu’à l’origine Nico et moi projetions de faire la traversée du Pelvoux à ski… Après un premier but météo en avril, c’est à nouveau la pluie qui, en ce début du mois de mai, nous oblige à renoncer à nos rêves d’altitude pour nous reporter sur une mission escalade en grande voie… Une mission placée sous le signe de la fuite, poursuivis que nous sommes par le mauvais temps, qui nous contraint à exploser notre bilan carbone pour trouver du rocher sec.Lire la suite »

De la Toile à l’Alborz, rencontre avec Tanya Naville

Rencontre bavarde avec Tanya Naville, une skieuse et une alpiniste qui donne du sien pour la montagne, avec bien des cordes à son arc. Animatrice du blog On n’est pas que des collants, elle est aussi coordinatrice des Groupes d’alpinisme au féminin (GFHM et GAF74), responsable de l’organisation du Grand Parcours alpinisme Chamonix, membre du groupe excellence de ski-alpinisme de la FFCAM et initiatrice alpinisme. Cet entretien sans langue de bois est l’occasion pour Le Dahu libéré d’aborder la question de la place des femmes dans les sports de montagne aujourd’hui, entre sous-médiatisation, sexisme ordinaire et avancées progressistes notables, notamment grâce à un certain nombre de structures qui font bouger les mentalités. Suivez la « guide » !Lire la suite »

Qui n’a jamais triché au boulot ?

Ainsi Ueli Steck, l’alpiniste suisse obsédé par les chronos, pourrait avoir menti sur certains de ses exploits les plus médiatisés et les plus hallucinants : l’ascension de la face sud du Shishapangma en dix heure et demie et celle, nocturne, de la face sud de l’Annapurna, en vingt-huit heures. Les doutes ont toujours plané au-dessus de ces faits d’arme – peut-être parce qu’ils nous obligent à ravaler nos fiertés d’alpinistes à la petite semaine, ou qu’ils permettent à des journalistes-pigistes de rendre le feuillet mensuel à leur employeur ! Mais, cette fois, le doute est savamment construit et revient tambour battant, porté par un certain Rodolphe Popier, historien de l’alpinisme que l’on sait désormais attaché à démontrer les supposées « tricheries » qui font l’histoire d’une montagne conjuguée au sport (récemment, il apportait dans Vertical de nouvelles preuves accablantes des mensonges de Tomo Cesen). Lire la suite »

Non aux lignes THT en Haute-Durance

La belle vallée de la Haute-Durance, qui relie Gap à Briançon, au cœur des Hautes-Alpes, est depuis plusieurs années victime des ambitions prédatrices de RTE et de la complicité des autorités françaises qui, ensemble, travaillent à la construction d’une ligne très haute tension (THT) aérienne. Un projet inutile – son but (inavoué) est seulement de vendre de l’électricité à l’Italie voisine (les besoins des locaux étant déjà couverts) – qui mutile les paysages et malmène l’environnement, principales ressources et richesses du département. Lire la suite »

Vive la lutte des glaces !

En ce début de mois de février, c’est amer que je vois les températures grimper à toute bringue… et l’espoir d’une belle saison de cascades de glace s’étioler peu à peu. Après les coups de froid de janvier, voilà que l’hiver nous donne des avant-goûts de printemps. Tant mieux pour les allers-retours nocturnes à vélo entre l’appartement et l’entreprise, mais que diable vont devenir les cascades ? Inquiet à l’idée que la saison glaçon ne se résume pour moi qu’au Grand Laus, je contacte les amis haut-alpins pour improviser un petit séjour dans la foulée.Lire la suite »

Maurice Baquet, ou la montagne à la croisée des passions

On connaît tous, toutes, la photo de cet homme debout sur des skis, un violoncelle sur le dos, des bâtons dans les mains, face aux aiguilles de Chamonix. On connaît peut-être moins, en revanche, la vie de celui qui semble s’apprêter à dévaler la pente – et que cette photo, qui en dit déjà beaucoup, ne résume que partiellement, tant il avait de cordes à son arc. Le double portrait que lui consacre Hervé Bodeau aux éditions Paulsen, Maurice Baquet, portrait avec violoncelle, apporte quelques réponses, tout en s’émancipant des standards de la biographie pour livrer une œuvre intéressante, tant sur le fond que sur la forme. Et ce, avec, d’une part, un livre de photos noir et blanc et, de l’autre, un récit « avalanche » qui dévale les pages à toute vitesse, avec une fluidité déconcertante, nous plongeant bientôt dans les faits, les anecdotes, les citations pour mieux nous inviter à y revenir. De quoi rappeler, avec l’insolence de son sujet, que le récit d’une vie n’est pas condamné à être lourd, ennuyeux, pataud. Lire la suite »

Elle portait la poésie sur les 8 000

Avec Chantal Mauduit – Elle grimpait sur les nuages, Alexandre Duyck nous a livré en avril 2016 un joli voyage à travers le parcours de vie de la célèbre alpiniste, qui a notamment réussi l’ascension de six sommets de plus de 8 000 mètres d’altitude sans bouteilles d’oxygène (dont le K2 et le Manaslu). Biographie intime et vivante, jamais voyeuriste, appuyée sur les carnets que la grimpeuse tenait avec assiduité depuis sa prime jeunesse, ce livre s’attache à tracer la ligne de cohérence qu’ont suivie ces années de vie, de la passion du ski et des premiers pas sur le rocher vertical aux grandes réalisations himalayennes.Lire la suite »

Le Grand Laus ouvre la danse

Le plus dur en alpinisme, c’est le réveil. Être extirpé brutalement de ses rêves par une alarme ignoble ou un compagnon de cordée un brin plus matinal, sortir de sous sa couette bien chaude pour enfiler à la va-vite ses vêtements de montagne n’ont rien de très engageant. Et c’est généralement dans ces moments-là que l’on se demande pourquoi l’on part en montagne aujourd’hui… et que l’on en vient, parfois, à espérer qu’une météo horrible vienne nous obliger à retourner au fond du lit, alors même que la perspective de la course envisagée nous a excités pendant de longs jours jusque-là. Étranges, les réveils.Lire la suite »

Au-delà des « frison-rocheries » (ou Jeu de mort sur l’Eiger)

Dans la littérature de montagne, il y a les récits d’ascensions, les biographies, les réflexions plus ou moins philosophiques, plus ou moins lourdingues ou convenues, que l’on tisse à partir de ses expériences en altitude. Et il y a la fiction. L’on connaît (trop), en la matière, l’œuvre de Roger Frison-Roche, qui sent un peu la naphtaline et qui pêche un chouïa par niaiserie ; le reste est, souvent, plus méconnu. Il semblerait que, chez les grimpeurs, l’on préfère le vécu aux narrations imaginaires ; le goût du récit se disant « vrai », de l’histoire « réelle », permettrait ainsi de vivre la lecture avec davantage d’émotions, de sensations. Peut-être aussi – surtout ? – que le roman se prête moins au voyeurisme.Lire la suite »