Non aux lignes THT en Haute-Durance

La belle vallée de la Haute-Durance, qui relie Gap à Briançon, au cœur des Hautes-Alpes, est depuis plusieurs années victime des ambitions prédatrices de RTE et de la complicité des autorités françaises qui, ensemble, travaillent à la construction d’une ligne très haute tension (THT) aérienne. Un projet inutile – son but (inavoué) est seulement de vendre de l’électricité à l’Italie voisine (les besoins des locaux étant déjà couverts) – qui mutile les paysages et malmène l’environnement, principales ressources et richesses du département. Lire la suite »

Vive la lutte des glaces !

En ce début de mois de février, c’est amer que je vois les températures grimper à toute bringue… et l’espoir d’une belle saison de cascades de glace s’étioler peu à peu. Après les coups de froid de janvier, voilà que l’hiver nous donne des avant-goûts de printemps. Tant mieux pour les allers-retours nocturnes à vélo entre l’appartement et l’entreprise, mais que diable vont devenir les cascades ? Inquiet à l’idée que la saison glaçon ne se résume pour moi qu’au Grand Laus, je contacte les amis haut-alpins pour improviser un petit séjour dans la foulée.Lire la suite »

Maurice Baquet, ou la montagne à la croisée des passions

On connaît tous, toutes, la photo de cet homme debout sur des skis, un violoncelle sur le dos, des bâtons dans les mains, face aux aiguilles de Chamonix. On connaît peut-être moins, en revanche, la vie de celui qui semble s’apprêter à dévaler la pente – et que cette photo, qui en dit déjà beaucoup, ne résume que partiellement, tant il avait de cordes à son arc. Le double portrait que lui consacre Hervé Bodeau aux éditions Paulsen, Maurice Baquet, portrait avec violoncelle, apporte quelques réponses, tout en s’émancipant des standards de la biographie pour livrer une œuvre intéressante, tant sur le fond que sur la forme. Et ce, avec, d’une part, un livre de photos noir et blanc et, de l’autre, un récit « avalanche » qui dévale les pages à toute vitesse, avec une fluidité déconcertante, nous plongeant bientôt dans les faits, les anecdotes, les citations pour mieux nous inviter à y revenir. De quoi rappeler, avec l’insolence de son sujet, que le récit d’une vie n’est pas condamné à être lourd, ennuyeux, pataud. Lire la suite »

Elle portait la poésie sur les 8 000

Avec Chantal Mauduit – Elle grimpait sur les nuages, Alexandre Duyck nous a livré en avril 2016 un joli voyage à travers le parcours de vie de la célèbre alpiniste, qui a notamment réussi l’ascension de six sommets de plus de 8 000 mètres d’altitude sans bouteilles d’oxygène (dont le K2 et le Manaslu). Biographie intime et vivante, jamais voyeuriste, appuyée sur les carnets que la grimpeuse tenait avec assiduité depuis sa prime jeunesse, ce livre s’attache à tracer la ligne de cohérence qu’ont suivie ces années de vie, de la passion du ski et des premiers pas sur le rocher vertical aux grandes réalisations himalayennes.Lire la suite »

Le Grand Laus ouvre la danse

Le plus dur en alpinisme, c’est le réveil. Être extirpé brutalement de ses rêves par une alarme ignoble ou un compagnon de cordée un brin plus matinal, sortir de sous sa couette bien chaude pour enfiler à la va-vite ses vêtements de montagne n’ont rien de très engageant. Et c’est généralement dans ces moments-là que l’on se demande pourquoi l’on part en montagne aujourd’hui… et que l’on en vient, parfois, à espérer qu’une météo horrible vienne nous obliger à retourner au fond du lit, alors même que la perspective de la course envisagée nous a excités pendant de longs jours jusque-là. Étranges, les réveils.Lire la suite »

Au-delà des « frison-rocheries » (ou Jeu de mort sur l’Eiger)

Dans la littérature de montagne, il y a les récits d’ascensions, les biographies, les réflexions plus ou moins philosophiques, plus ou moins lourdingues ou convenues, que l’on tisse à partir de ses expériences en altitude. Et il y a la fiction. L’on connaît (trop), en la matière, l’œuvre de Roger Frison-Roche, qui sent un peu la naphtaline et qui pêche un chouïa par niaiserie ; le reste est, souvent, plus méconnu. Il semblerait que, chez les grimpeurs, l’on préfère le vécu aux narrations imaginaires ; le goût du récit se disant « vrai », de l’histoire « réelle », permettrait ainsi de vivre la lecture avec davantage d’émotions, de sensations. Peut-être aussi – surtout ? – que le roman se prête moins au voyeurisme.Lire la suite »

Et Jack Lee Thompson dévissa dans les Pyrénées

Eh non, les passeurs ne sont pas toujours les individus odieux, opportunistes et sans scrupule que l’on nous présente à longueur de médias. Pendant la Seconde Guerre mondiale, par exemple, des Espagnols, des Français, des Basques ont risqué leur vie pour faire traverser les Pyrénées à des personnes se trouvant en danger d’un côté comme de l’autre de la frontière : des Juifs, des résistants « grillés », des aviateurs alliés échoués en zone ennemie, des militants et des prisonniers antifranquistes. Pour certains, anarchistes ou communistes, c’était la suite logique de leur engagement politique contre le fascisme espagnol après la victoire de Franco, pour d’autres, c’était un devoir de solidarité vis-à-vis duquel ils ne souhaitaient pas se dérober.Lire la suite »

Sus aux apparatchiks !

Grande voie Apparatchik’s Tripes (Ailefroide, Écrins)

Après notre traversée des arêtes de La Bruyère, l’ami Matthieu et moi avions envie de retrouver le granite et l’escalade qui pique, qui tire, celle qui nous fait suer, pousser des râles et nourrir quelques petites angoisses. Une fois encore, nos regards se sont tournés vers Ailefroide, temple de la dalle en granite, en direction de la Draye, où nous avions déjà parcouru plusieurs voies au printemps et cet été (Show Biz et Two Hot Men). Cette fois, nous optons pour Apparatchik’s Tripes, une voie de 250 mètres, cotée TD- (escalade en 6a+), qui semble avoir belle réputation, certains la considérant comme la plus intéressante du secteur. Lire la suite »

La Bruyère, une arête de caractère

Traversée des arêtes de La Bruyère (Cerces)

L’automne approche et les premières chutes de neige sensibles se sont déjà manifestées dans les Alpes, jusqu’à très bas en altitude. Mais le manteau blanc qui recouvre les sommets est timide, fragile, et, dans les Hautes-Alpes, il ne résiste globalement pas aux belles éclaircies ensoleillées des jours qui suivent. Ce sont donc des sommets à nouveau tout secs que je retrouve, ce lundi 19 septembre, quand le train parti de Marseille me conduit dans l’Embrunais. J’y retrouve Matthieu, pour de nouvelles escapades verticales en montagne – histoire, pour lui, de laisser un peu ses poules en totale autonomie quelques heures, et, pour moi, d’évacuer les quantités de gaz lacrymogènes une énième fois respirés lors de la dernière manifestation contre la loi Travail à Paris, le 15 septembre.Lire la suite »