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Sur les Jorasses, entre amis

En 1975, la sixième édition du Festival des Diablerets, en Suisse, récompensait de son Grand Prix un documentaire signé Dominique Martial et intitulé Les Jorasses : aux limites de l’absurde. Tourné l’année précédente, il relate l’ouverture, en plein hiver (du 19 au 27 janvier 1974), de la voie La Directe de l’amitié, débouchant au sommet de la pointe Whymper (4 184 mètres), en face nord des Grandes-Jorasses, dans le massif du Mont-Blanc. Les auteurs de cette élégante mais difficile ligne de mixte (1 100 mètres de voie, cotée VII, M7/A3, 90° en glace) ? Yannick Seigneur, Marc Galy, Michel Feuillarade et Louis Audoubert. Quatre amis qui grimpent la clope au bec, en bavardant de tout et de rien, avec, pour certains, cet agréable accent chantant qui fait s’évanouir toute la gravité d’une telle ascension. Lire la suite »

Auyantepui desde Kavac

Auyantepuy, une montagne dans la jungle

Remarqué, à juste titre, pour son très beau premier roman, Le Voyage d’Octavio (Payot & Rivages, 2015), Miguel Bonnefoy, écrivain francophone aux origines chilienne et vénézuélienne, revient tambour battant avec un nouvel ouvrage, Jungle, paru début 2016 aux éditions Paulsen. Cette fois, l’auteur abandonne la fiction et épouse un autre genre de récit, celui de l’expédition. Avec, d’emblée, une mise en garde engageante : « Nulle référence littéraire, nulle réécriture. Pas de noms latins, pas d’antiquités. Seulement la saveur de la terre première. »Lire la suite »

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Sur le fil des Cinéastes

Traversée de l’arête des Cinéastes (Écrins)
Grande voie Two Hot Men (Ailefroide, Écrins)

Retour en montagne avec le camarade Matthieu, pour deux jours d’escalade dans les Écrins. Cette fois, après moult tergiversions, nous jetons notre dévolu sur la traversée de l’arête des Cinéastes, sise au-dessus du refuge du Glacier-Blanc et culminant à 3 205 mètres d’altitude. L’ensemble est une jolie formation rocheuse, une arête dentelée pourvue de six belles pointes de granite. Sa face ouest donne sur le glacier Blanc, sa face est sur le glacier Tuckett, et on l’escalade sous le regard – attentif ? moqueur ? – de sa majesté le Pelvoux. Niveau cotation, l’ensemble est donné pour AD, avec un équipement de sécurité qui, course d’arête oblige (ou presque), est quasi inexistant (excepté les relais, présents).Lire la suite »

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On voulait la neige, on a eu le rocher !

Chaud Biz (Ailefroide) / Paroi du plan (Freissinières) / Roche Rousse (Châteauroux-les-Alpes). 

Deuxième parenthèse en altitude dans cet Hexagone secoué par un mouvement social bien ancré, mais légèrement chronophage. À la base, Matthieu et moi projetions de faire l’ascension de la barre des Écrins (4 102 mètres), par le couloir de Barre-Noire, avec un passage d’acclimatation au pic d’Arsine, entre le 30 mai et le 2 juin. Mais les chutes de neige du week-end du 28-29, abondantes en altitude nous disait-on, nous obligèrent à reporter l’affaire de quelque huit jours (après avoir un temps songé, en lot de consolation, au couloir de Pélas-Verney).Lire la suite »

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La Seconde Guerre mondiale avec des skis

Année 1943. Alors que la guerre bat son plein, l’Allemagne nazie cherche à se doter de l’arme nucléaire pour rayer Londres de la carte et, allant, précipiter sa victoire. Le brillant Werner Heisenberg, prix Nobel de physique, est chargé de conduire les travaux scientifiques censés déboucher sur un résultat probant. Mais pour mener à bien ses recherches, il est un composant dont il ne peut faire l’économie : l’eau lourde, qui joue un rôle clé dans le ralentissement de la réaction nucléaire. Sauf que l’eau lourde est rare et ne se produit pas en grande quantité… Lire la suite »

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Petite escalade printanière en grandes voies

Le Surplomb jaune, Le Ponteil (Écrins) / Le Bal, Ailefroide (Écrins).

Alors que le gouvernement s’échine depuis plus d’un mois à maintenir son projet de loi Travail malgré le désaveu populaire, alors que ses flics essaient de briser avec une violence décomplexée le mouvement social en cours – étouffant par-ci, éborgnant par-là –, prendre de la hauteur pendant quelque jours s’impose vivement. Les poumons, la gorge et les yeux en ont assez de subir, plusieurs fois par semaine, les gaz ou les gels lacrymogènes : « De l’air, de l’air, de l’air ! » réclament-ils, à moitié sacrifiés.Lire la suite »

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« The Revenant », c’était mieux avant

Récompensé par de multiples Oscars, très largement encensé par la critique, The Revenant, le dernier-né d’Alejandro González Iñárritu, ne sera pas passé inaperçu. Entre vengeance et survie en territoire hostile, le film narre l’histoire – tirée de faits réels, nous dit-on, et adaptée d’un roman de Michael Punke – de Hugh Glass, un trappeur américain qui cherche fortune dans le très lucratif commerce des peaux.Lire la suite »

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Les cow-boys de papa sont morts

Selon les générations, quand on parle de western, on pense John Ford, Sergio Leone ou, désormais, Quentin Tarantino. Et, pour cause, les trois ont, chacun à leur manière, marqué le genre. On songe moins, en revanche, à Robert Altman, qui, en 1971, signait pourtant l’un des plus beaux westerns de l’histoire avec McCabe & Mrs. Miller. Si chacun est libre d’apprécier ou non le superlatif, tous les amateurs du genre, et de manière générale de cinéma, devraient s’attarder sur cette pellicule extraordinaire.Lire la suite »

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Mais si, la glace est (un peu) là !

Cascades La Colère du ciel (Écrins) et Y de droite (Queyras)

Y a pas à dire, cet hiver n’est pas des plus propices à l’escalade sur glace. Et, en cette fin février, on a beau chercher, difficile de trouver des glaçons bien formés. Mais quand on veut on peut, dit-on, et, les 25 et 26 février, Nico, Manu et moi avons tout de même réussi à promener nos carcasses avides de glace sur quelques-unes des dernières cascades en conditions des Hautes-Alpes. Lire la suite »