Qui n’a jamais triché au boulot ?

Ainsi Ueli Steck, l’alpiniste suisse obsédé par les chronos, pourrait avoir menti sur certains de ses exploits les plus médiatisés et les plus hallucinants : l’ascension de la face sud du Shishapangma en dix heure et demie et celle, nocturne, de la face sud de l’Annapurna, en vingt-huit heures. Les doutes ont toujours plané au-dessus de ces faits d’arme – peut-être parce qu’ils nous obligent à ravaler nos fiertés d’alpinistes à la petite semaine, ou qu’ils permettent à des journalistes-pigistes de rendre le feuillet mensuel à leur employeur ! Mais, cette fois, le doute est savamment construit et revient tambour battant, porté par un certain Rodolphe Popier, historien de l’alpinisme que l’on sait désormais attaché à démontrer les supposées « tricheries » qui font l’histoire d’une montagne conjuguée au sport (récemment, il apportait dans Vertical de nouvelles preuves accablantes des mensonges de Tomo Cesen). Lire la suite »

Elle portait la poésie sur les 8 000

Avec Chantal Mauduit – Elle grimpait sur les nuages, Alexandre Duyck nous a livré en avril 2016 un joli voyage à travers le parcours de vie de la célèbre alpiniste, qui a notamment réussi l’ascension de six sommets de plus de 8 000 mètres d’altitude sans bouteilles d’oxygène (dont le K2 et le Manaslu). Biographie intime et vivante, jamais voyeuriste, appuyée sur les carnets que la grimpeuse tenait avec assiduité depuis sa prime jeunesse, ce livre s’attache à tracer la ligne de cohérence qu’ont suivie ces années de vie, de la passion du ski et des premiers pas sur le rocher vertical aux grandes réalisations himalayennes.Lire la suite »

Vous avez dit machine ?

Il y a encore quelques mois, je n’avais pas vraiment beaucoup d’estime pour Ueli Steck, l’alpiniste que les médias surnomment la « Swiss Machine » en raison des ascensions éclair qu’il a coutume de réaliser depuis quelques années, des Alpes à l’Himalaya. Non que je ne susse guère reconnaître le caractère hallucinant de ses exploits sportifs – ce serait être d’une terrible mauvaise foi –, mais je n’appréciais pas du tout l’approche que le célèbre Suisse pouvait avoir de l’alpinisme.Lire la suite »

« Meru », ou l’alpinisme bavard

La Toile qui grimpe en parlait en bien depuis plusieurs semaines, et elle avait raison. Présenté pour la première fois en France lors de l’ouverture de Montagnes en scène à Paris, le 16 novembre dernier, Meru, documentaire réalisé en 2015 par l’alpiniste américain Jimmy Chin et la cinéaste Elizabeth Chai Vasarhelyi, est une petite merveille du genre, et le temps fort, très fort, du festival.Lire la suite »

Un peu d’intime sur les pentes himalayennes

Je me suis fait piéger, alors même qu’il n’y avait probablement pas de piège. Étant le genre de lecteur à sauter quasi systématiquement les préfaces, j’ai lu Un mois d’émois, d’Yves Exbrayat (JMEditions, 2010), en commençant par le préambule, page 9, remettant à plus tard le texte d’introduction rédigé par Guido Magnone. Du coup, j’ai mis quelques pages à me rendre compte que l’histoire relatée ici était fictive…Lire la suite »

En quête du yéti, contre vents et moqueries…

En juillet 1986, alors qu’il peinait à trouver son chemin dans une vallée du Tibet oriental, Reinhold Messner, qui voulait parcourir par lui-même la route de la grande migration qui vit les Sherpas quitter Dêgê pour le Khumbu quelques siècles plus tôt, fit la rencontre d’une bête intrigante, bipède et particulièrement habile dans ses déplacements en montagne. Lire la suite »