Banff France 2016 : « Éclipse » s’impose

La grande salle de l’UGC Normandie, à Paris, était pleine à craquer, lundi 15 février, pour le lancement de la tournée française du Festival international du film de montagne de Banff, qui fête cette année ses 40 ans. Une salle pleine de personnes provenant sans doute d’univers très différents, où les costard-cravate ternes côtoyaient les systèmes trois couches aux couleurs fluo (oui, oui, certains, visiblement, ne les portent pas qu’en montagne). Au final, cette mouture hexagonale 2016 nous a donné à voir huit films, des courts-métrages aux durées très inégales (de 4 à 46 minutes), balayant des pratiques très différentes de la montagne et des espaces naturels variés (de l’Ouest américain au pôle Nord).Lire la suite »

Le gentil guerrier, les ours et la frontière

Werner Herzog est un cinéaste absolument fascinant, dont l’œuvre, qui navigue entre fictions et documentaires, a donné des films puissants (Aguirre, la colère de Dieu), envoutants (Fitzcarraldo), profonds (Gasherbrum, la montagne lumineuse), à la rencontre des motivations et des pulsions humaines, de ces quêtes du sens qui tracent des parcours de vie qui, souvent, vont à l’encontre – à l’assaut – des rapports sociaux dominants. Parmi les documentaires qu’il a réalisés, Grizzly Man, sorti sur les écrans en 2005, illustre parfaitement ce goût pour les trajectoires décalées, marginales, dérangeantes, cette obsession pour la vie – fictive, réelle – de ceux qu’on range toujours trop vite parmi les « fous ». Lire la suite »

La bête terrassée par la langue

À propos du Tort du soldat, d’Erri De Luca (Gallimard, 2014).

Italie, Dolomites. Dans une petite auberge au pied des montagnes, un homme observe quotidiennement, depuis quelques jours, le même rituel. Le jour, il escalade les parois rocheuses des hauteurs environnantes ; le soir, il dîne et traduit des textes yiddish. Deux passions qui structurent et accompagnent une vie en quête de sens et qui, à la croiser au fil de ces mots, semble s’épanouir.Lire la suite »

La montagne, ou le neuvième salopard

Passée l’heure des glorioles et des emballements médiatiques (toujours aussi idiots qu’inexplicables), il est désormais d’usage de dire du mal de Quentin Tarantino. Et son dernier film en date, Les Huit Salopards, en a fait les frais, nombre de critiques s’accordant à le dézinguer, non sans parfois un brin de mauvaise foi. Hier, le snob vantait le cinéma pop et décomplexé de l’auteur de Pulp Fiction, aujourd’hui il conspue un film dit ennuyeux et bavard. Et pourtant, cette huitième pellicule pourrait bien être son œuvre la plus réussie, la plus mûre, la plus maîtrisée.Lire la suite »

Prisonnière de la montagne…

Sorti en 2013 et réalisé par Julian Roman Pölsler, Le Mur invisible est l’adaptation cinéma du célèbre roman éponyme de Marlen Haushofer rédigé cinquante ans auparavant (1963). Sur un peu plus d’une heure et demie, le film narre l’apprentissage de la survie et de la solitude d’une femme qui se retrouve prisonnière d’une petite zone de montagne après qu’un mur invisible a mystérieusement surgi, l’empêchant de quitter l’endroit et de rejoindre les vallées urbanisées. Lire la suite »

Les vanités marchandes à l’assaut des Vans

Billet d’humeur

Décidément, la COP21 permet de dire et de faire tout et n’importe quoi. Et surtout n’importe quoi. Cette fois, la grand-messe du capitalisme vert, théâtre d’une guerre entre deux types d’industries énergétiques (hydrocarbure vs nucléaire) sous couvert de préoccupation environnementale, a été invoquée par le maire de Chamrousse, Philippe Cordon, pour justifier l’équipement du vallon des Vans (Isère) en télésièges. Lire la suite »

Vous avez dit machine ?

Il y a encore quelques mois, je n’avais pas vraiment beaucoup d’estime pour Ueli Steck, l’alpiniste que les médias surnomment la « Swiss Machine » en raison des ascensions éclair qu’il a coutume de réaliser depuis quelques années, des Alpes à l’Himalaya. Non que je ne susse guère reconnaître le caractère hallucinant de ses exploits sportifs – ce serait être d’une terrible mauvaise foi –, mais je n’appréciais pas du tout l’approche que le célèbre Suisse pouvait avoir de l’alpinisme.Lire la suite »

« Meru », ou l’alpinisme bavard

La Toile qui grimpe en parlait en bien depuis plusieurs semaines, et elle avait raison. Présenté pour la première fois en France lors de l’ouverture de Montagnes en scène à Paris, le 16 novembre dernier, Meru, documentaire réalisé en 2015 par l’alpiniste américain Jimmy Chin et la cinéaste Elizabeth Chai Vasarhelyi, est une petite merveille du genre, et le temps fort, très fort, du festival.Lire la suite »

Lire la montagne quand on est (très) jeune

Oyé, oyé. C’est désormais acté : régulièrement, Le Dahu libéré proposera à son auguste lectorat quelques références de livres pour la jeunesse consacrés à la montagne. Pour ce faire, rien de tel que de solliciter des professionnels du livre. Et, pour l’occasion, Le Dahu libéré s’en est remis aux bons conseils de Contes & Éprouvettes, une librairie itinérante qui voyage des Cévennes aux Hautes-Alpes, au gré des événements organisés autour du livre. Entre deux salons, la librairie a bien voulu nous rédiger quelques recensions d’ouvrages susceptibles d’intéresser les montagnards. Pour ce premier billet, deux ont été retenus. Lire la suite »

Colline ou montagne, une histoire de pouvoir ?

Film de montagne ou film de colline ? Là est l’existentielle question qui pourrait se poser à qui aurait la bonne idée de regarder (ou de revoir) L’Anglais qui gravit une colline et descendit une montagne, un sympathique petit film sans prétention réalisé en 1995 par Christopher Monger. L’histoire, tirée d’une « légende » que le réalisateur aurait entendue dans sa jeunesse de la bouche de son grand-père, raconte comment, en 1917, tout un petit village du pays de Galles se mobilise quand deux géographes anglais leur annoncent une terrible nouvelle : Ffynnon Garw, la montagne qui les domine, ne mérite pas le nom de « montagne ». Lire la suite »

Cerro Torre, une montagne et des hommes

Quand Werner Herzog, cinéaste incontournable (Aguirre, la colère de Dieu et Fitzcarraldo), réalise, en 1991, Cerro Torre, le cri de la roche, son œuvre est considérée comme inéluctablement déclinante. La critique ne le suit plus, et ce, d’autant qu’il vient de perdre l’acteur fidèle qui l’accompagna dans nombre de ses grands succès cinématographiques : l’Allemand Klaus Kinski. Et, de fait, lors de sa sortie, Cerro Torre, le cri de la roche essuiera des avis globalement négatifs de la part des médias autorisés. Justifiés ? Pas sûr…Lire la suite »

Shangri La, une utopie montagnarde contrariée

Après le lointain royaume du Kafiristan, mythifié en littérature par Rudyard Kipling puis, au cinéma, par John Huston, partons désormais à la découverte d’un autre endroit légendaire qui, depuis longtemps, taquine la curiosité et les rêves des voyageurs montagnards. Cet endroit, c’est Shangri La, la lamaserie née des fantasmes de l’écrivain britannique James Hilton dans son roman Les Horizons perdus (1933), que le réalisateur américain Frank Capra adapte pour le cinéma en 1937 (voir la bande annonce ici).Lire la suite »