Sus aux apparatchiks !

Grande voie Apparatchik’s Tripes (Ailefroide, Écrins)

Après notre traversée des arêtes de La Bruyère, l’ami Matthieu et moi avions envie de retrouver le granite et l’escalade qui pique, qui tire, celle qui nous fait suer, pousser des râles et nourrir quelques petites angoisses. Une fois encore, nos regards se sont tournés vers Ailefroide, temple de la dalle en granite, en direction de la Draye, où nous avions déjà parcouru plusieurs voies au printemps et cet été (Show Biz et Two Hot Men). Cette fois, nous optons pour Apparatchik’s Tripes, une voie de 250 mètres, cotée TD- (escalade en 6a+), qui semble avoir belle réputation, certains la considérant comme la plus intéressante du secteur.

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La tourmente qui nous talonnait… (Photo par Guillaume.)

Au petit matin, devant le café fumant, nous consultons, un brin hagards, la météo… qui n’a rien de très prometteuse ! Pour résumer : éclaircies jusqu’à 11 heures, puis averses et, éventuellement, orages. Ouch. Mais il en faut (beaucoup) plus pour miner notre brûlant désir d’affronter des apparatchiks ! Et c’est confiants que nous prenons la voiture, direction Ailefroide, l’habitacle envahi par le rap de Médine. Sur place, le ciel n’a rien de très engageant ; si de belles éclaircies dominent la Draye, la tourmente est juste au-dessus du Palavar. Nous nous dépêchons donc de rejoindre l’attaque de la voie, facilement accessible par un petit sentier contournant les tas de cailloux instables que nous remontons en quinze minutes, à peine.

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La Draye, la voie est à peu près au centre. (Photo par Guillaume.)

J’ouvre l’escalade, m’engageant en tête dans la première longueur en maudissant mes chaussons et en regrettant l’alpinisme en grosses de la veille. Je vais finir par croire, et finirai par conclure une fois la voie terminée, que ces Katana sont définitivement trop étroits pour la grande voie (ce que je me dis en fait à chaque fois). La longueur est jolie, un 5b qui grimpe sérieusement, belle introduction pour la suite des festivités, qui promettent d’être soutenues. Promesses tenues, avec un enchaînement de deux longueurs dans le VI (6a et 6a+), sur de la dalle qui flirte avec la verticalité, schéma auquel nous étions encore peu habitués à Ailefroide.

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La longueur suivante nous offre un peu de répit (5b), avant de nous lancer dans celle en 4b… un peu psycho (photo en tête d’article) ! Certes, c’est du 4b, mais c’est surtout de la désescalade, et de la désescalade en traversée (le combo, quoi !), au bord du vide et sous des toits proéminents. Tout se passe bien néanmoins, et c’est l’un des passages qui donnent un vrai caractère à cette voie à l’itinéraire plutôt amusant. La suite renoue avec la technique : nous remontons un pilier bien redressé en 6a, qui continue sur le fil d’une arête cotée 5b (mais qui nous a semblé un brin plus difficile). Nous goûtons aussi notre première averse, qui a toutefois la gentillesse d’être courte et peu excitée. Une fois en haut de la voie, nous enchaînons quatre rappels, Matthieu fait tomber son descendeur et apprend à descendre sur deux nœuds de demi-cabestan…  Une petite aventure, quoi ! Qui nous aura permis de donner une leçon à ces sociaux-nuisibles d’apparatchiks !

Guillaume

Petits bonus photos :

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Les éclaircies matinales à Ailefroide. (Photo par Guillaume.)
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Les toits surplombant la cinquième longueur. (Photo par Guillaume.)
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Depuis la descente… (Photo par Guillaume.)

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