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Sur les dalles de l’Encoula

Grande voie Pourquoi pas, L’Encoula (Écrins)

Samedi 3 septembre 2016. C’est après une longue semaine à zieuter tous les jours la météo sur Internet, hésitant à annuler la sortie en fonction de ce que racontaient les prévisionnistes de Météo France – particulièrement indécis –, que, ce jour-là, en fin d’après-midi, Éric et moi nous retrouvons à Meylan pour rejoindre en voiture le hameau de La Bérarde. Et c’est sous un beau ciel bleu que nous quittons, avec bien du plaisir, la cuvette grenobloise et sa chaleur suffocante. Une heure et demie de route plus tard, nous trouvons la fraîcheur de l’Oisans et, chargés de nos sacs et du matériel de grimpe, nous nous engageons dans le vallon du Vénéon, en direction des petits « alpages » du plan du Carrelet. Nous nous arrêtons non loin du refuge du même nom et installons notre bivouac quatre étoiles au bord du torrent. Devant nous, le soleil se couche sur l’écrasante muraille de l’Ailefroide, mille mètres de paroi austère où se faufilent de belles voies d’alpinisme. On surnomme l’ensemble les « Jorasses de l’Oisans », et, en l’occurrence, la comparaison est bel et bien raison. Excepté les linceuls blancs… Car, sur la face nord de cette Ailefroide estivale, les glaciers et les névés ont bien dépéri ; le glacier Long, qui pourtant semble s’en sortir le mieux, ne ressemble presque plus qu’à un lit blanc souillé par la caillasse et la poussière. Ça fait peine à voir et ajoute au caractère un brin « sinistre » de cette face, qui laisse pourtant toujours rêveur.

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Dans le vallon du Vénéon, avec coucher de soleil sur l’Ailefroide. (Photo par Guillaume)

Après une nuit (très) fraîche dans un duvet vite mouillé, nous nous levons en même temps que le soleil qui, déjà, enveloppe le sommet de l’aiguille de la Gandolière. J’accueille avec bonheur la mission du pliage de duvet, qui me permet de retrouver un peu de chaleur, une fois sorti du confort tout relatif de ce sac de couchage aux prétentions limitées… Après un petit déjeuner sur le pouce, nous traversons un Vénéon bien excité par une petite passerelle bienvenue – installée pour rejoindre le vallon du Chardon –, puis nous nous engageons sur les pentes herbeuses, parsemées de grosses caillasses, en direction des dalles de l’Encoula, notre objectif du jour. Après une bonne heure de marche, en partie occupée à lutter contre des vernes pénibles à franchir, nous arrivons au pied de Pourquoi pas, une voie ouverte par Christian Buffière et Claire Riquet en août 1990, cotée TD (6a, 170 mètres).

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Ma pomme en action… (Photo par Éric.)

Je décide d’ouvrir l’escalade, m’engageant à froid dans la première longueur, réputée, à en croire les topos, pour être le « crux » de la voie : une délicate traversée en 6a, où les pieds, fragiles, reposent sur des petits gratons et où les mains cherchent, souvent en vain, une petite prise à saisir pour donner un semblant d’équilibre. Pas évidente, elle reste assurément l’une des plus belles longueurs de la voie. Une voie homogène, très belle, où domine ce type d’escalade fine, précise, technique, sur un granite vraiment fabuleux, plutôt rare dans cet Oisans où le gneiss règne en maître. Pour les amateurs d’escalades à gros bras, un petit surplomb à franchir dans la cinquième (quatrième ?) longueur leur apportera un peu de réconfort, mais guère davantage. Après une série de cinq rappels enchaînés avec la vigilance qui s’impose, nous retrouvons la terre ferme, pleinement conquis par une escalade qui laissera de beaux souvenirs et qui appelle déjà à parcourir les autres voies du secteur.

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Éric salue la vallée ! (Photo par Guillaume.)

À 17 heures, de retour à Grenoble, je laisse Éric pour prendre mon train, direction L’Argentière-la-Bessée, où je dois retrouver Nico pour, en début de semaine, partir en Meije… Où, en lieu et place d’une traversée classique au départ de La Grave, nous choisirons de gravir la directe de la face sud, la célèbre voie Allain-Leininger, en partant de… La Bérarde.

Guillaume

Petits bonus photos :

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Coucher de soleil sur l’Ailefroide. (Photo par Éric.)
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Le vallon du Vénéon depuis la voie. (Photo par Éric.)
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Le Dahu dans une traversée délicate. (Photo par Éric.)
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Y a du gaz quand même ! (Photo par Éric.)
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Rappel ! (Photo par Éric.)

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2 réflexions sur “Sur les dalles de l’Encoula

  1. La voie n’est pas une voie Cambon.
    C’est une voie de Christian Buffière, qui a ouvert la plupart des voies de l’Encoula/Barfly des années 80. Cambon & co n’ont ouvert dans ce secteur qu’à partir de 1990.

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