Échapées sur glace de Cervières à Ceillac

Cascades du Bourget (Briançonnais) et Y de gauche (Queyras)

Après le hold-up à skis du lundi, nous décidons, le lendemain, de partir caresser les glaçons du coin. Les conditions, là encore, sont censées ne pas être au top, les édifices cristallins étant si sensibles aux météos capricieuses. Mais, de nouveau, on décide d’aller voir de nous-mêmes, sans pour autant y aller totalement au hasard, puisque nous prenons soin de nous renseigner au préalable sur les spots susceptibles d’être encore grimpés malgré les pluies cruelles des jours précédents. Notre choix se porte rapidement sur les cascades de glace de la plaine d’altitude du Bourget, non loin de la commune de Cervières, à quelques kilomètres de Briançon, et à deux pas du col de l’Izoard.

IMG_0137
Le spot ! La cascade du Bourget se cache encore… tout à droite. (Photo par Guillaume)

On laisse la voiture au village vers 9 heures, on chausse les skis et on entame la petite randonnée censée nous conduire au pied des cascades, avec chacun un sac qui pèse lourd sur nos frêles épaules (faut dire qu’on trimballe, outre les cordes, les piolets traction et la quincaillerie traditionnelle du cascadeux, les chaussures d’alpi, pendues de chaque côté du sac). Le ciel est couvert, mais offre de belles éclaircies sur cette marche d’approche très tranquille, au fil de laquelle on pourrait presque finir sa nuit. Une colonie de corbeaux vole au-dessus de nos têtes, croassant, tournoyant, sans trop qu’on sache ce qu’ils font vraiment. L’occasion, pour Nico, de faire l’éloge de cet oiseau, à la rare intelligence pratique, dit-on. Lorsqu’on débouche sur la vallée des Fonts de Cervières, où se trouve la plaine d’altitude du Bourget, c’est un peu le « choc esthétique » pour moi qui ne l’avais encore jamais parcourue. S’étendant à perte de vue jusqu’à la frontière italienne, coupé en deux par une Cerveyrette aux nombreux ponts de neige mais encore loin d’être tout à fait gelée, l’endroit est magnifique. Les chalets d’alpage, désertés en attendant le retour des beaux jours, ajoutent une belle petite touche de civilisation à ce lieu sinon bien sauvage. On est conquis. Quelques glissades à skis, et les cascades de glace que nous convoitons et qui dominent avec majesté la plaine d’altitude, se dévoilent. On aura de quoi faire pour la journée, le terrain de jeu est vaste et, vu de là, l’essentiel semble en bonnes conditions.

2016-01-12 14.02.24-1
Ma pomme dans la cascade du Bourget. (Photo par Nico.)

On traverse la Cerveyrette par un pont de neige un peu douteux, mais qui finalement se révèle suffisamment solide pour supporter quelques dizaines de kilos supplémentaires. Trois petites conversions à skis, puis on déchausse et on finit de gravir la pente de neige à pied, jusqu’au bas des cascades. On s’accorde une petite pause thé chaud et biscuits, puis on s’équipe et on attaque ! On commence par la cascade dite du Bourget, la plus à droite. Un mur de glace de près de 30 mètres de haut (cotation globale TD, cotation glace 4+), essentiellement vertical, richement sculpté, et couvert de neige en bien des endroits. Nico monte en tête poser la moulinette, puis je me lance dans la cascade à mon tour, pour comprendre une fois de plus qu’on a toujours trop tendance à sous-estimer ces bêtes-là vues de bas… Mais tout se passe bien ; une chouette escalade qui, à la fin, au niveau de la sortie vers le relais, offre même un petit passage de dry (crochetage et cramponnage sur roche) intéressant.

IMG_0151
Nico sur le Tube. (Photo par Guillaume.)

Nico ira ensuite voir du côté du Tube (35 mètres, 5+), qu’il gravit sans mal, avant d’enchaîner sur la voie de gauche, qui combine en un mélange audacieux escalades sur glace et sur roche. Les heures s’écoulent tranquillement, achevant de liquider nos bras (les miens ayant déjà été sérieusement entamés dès la première cascade grimpée). A 15h30, on plie bagages et on retrouve la voiture les skis aux pieds, bien rincés mais contents d’avoir une nouvelle fois donné tort aux frileux de la météo !

IMG_0161
Nico dans la cascade Y de gauche. (Photo par Guillaume.)

Le lendemain, mercredi 13, on renoue avec la glace, cette fois du côté de Ceillac, dans le Queyras, où nous avions déjà gravi, en décembre 2015, la goulotte Coste du Glas. Départ aux aurores, petit déj à l’arrache : on est au pied de notre cascade – dénommée Y de gauche – à 8 h 30. L’affaire est moins ambitieuse qu’en décembre et que la veille : cette cascade, cotée AD+ et 3+, offre une succession de ressauts de glace pas trop raides (entre 75° et 80°), excepté le dernier, pour le coup vraiment vertical (voire limite légèrement déversant à son attaque). On avale la cascade (ah ah) en une heure à peine, profitant d’un soleil radieux à sa sortie, au milieu des arbres aux branches couvertes de neige. Le ciel est bleu, l’ambiance délicieuse. Oh fatché ! que j’aime la montagne et ses jupes de glace !

Guillaume

Petits bonus photos :

IMG_0143
Chouette ambiance à Cervières ! (Photo par Guillaume.)
IMG_0149
Les chalets du Bourget, au pied des cascades. (Photo par Guillaume.)
IMG_0159
Dans l’un des ressauts de Y de gauche. (Photo par Guillaume.)
IMG_0163
Sur le sentier, de retour de la cascade Y de gauche. (Photo par Guillaume.)

Une réflexion sur “Échapées sur glace de Cervières à Ceillac

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s